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L’héritage de Mario Monicelli

December 31, 2010 By: romeblogger Category: Rome

Il y a près de 60 ans, le père du réalisateur italien Mario Monicelli , a décidé de mettre fin à ses jours déçu par ce qu’il n’était pas capable de se réintégrer dans la société après la tombée du fascisme qui l’avait répudié. Quand il s’est rendu compte que, malgré sa ferme résistance à Mussolini – qui l’a expulsé du journal qu’il dirigeait et l’a empêché de continuer à publier -, une fois disparu le dictateur, personne ne se rappelait plus de lui, il a opté pour le suicide.

mario monicelli

Même si les raisons du suicide du réalisateur italien – qui avait 95 ans, était pratiquement aveugle et souffrait d’un cancer de la prostate en phase terminale – semblaient avoir plus à voir avec la volonté de mettre fin à une souffrance physique extrême et ce qu’il entendait probablement comme une vie indigne de ce nom, il est ma foi possible que, dans l’Italie de Berlusconi, Mario Monicelli ait hébergé des sentiments semblables à ceux de son père, quand, le vingt-neuf novembre passé , en suivant le même exemple, il a décidé de s’ôter la vie en se jetant par la fenêtre de sa chambre de l’hôpital romain San Giovanni. En fait il avait commenté quelques fois qu’il avait toujours parfaitement compris le geste final de son père.

Quoiqu’il en soit, il est vrai qu’avec la mort de Monicelli, un des derniers mythes vivants du cinéma italien s’en va – peut-être, avec la permission de Nanni Moretti, son dernier grand réalisateur – et le créateur avec son ami Dino Risi, mort aussi il y a deux ans, de l’inoubliable genre connu comme la commedia all’italiana (comédie à l’italienne).

Même si Monicelli lui-même pensait qu’il serait nécessaire que passent au moins 300 ans pour pouvoir juger la qualité du cinéma italien, aujourd’hui on peut seulement penser en une bonne partie de la production cinématographique réalisée dans le pays transalpin pendant les années quarante, cinquante, soixante et soixante dix du vingtième siècle comme un trésor prodigieux digne du légendaire el Dorado. Rossellini, De Sica, Monicelli, Risi, Zavattini, Visconti, Fellini, Antonioni, Pasolini, Bertolucci, sont seulement quelques-uns des noms que nous offre un si fabuleux panorama.

Pendant une bonne partie de cette époque l’Italie semblait revenir à se situer dans l’avant garde de la création européenne. Le cinéma était seulement un reflet d’un mouvement culturel extraordinaire qui exprimait, une fois passé le cauchemar fasciste, le besoin existant dans des secteurs significatifs de la population de voir la réalité avec de nouveaux yeux. Ce nouveau regard était peut-être seulement l’esthétique du néoréalisme.

L’introduction de l’humour, en étroite relation avec l’ancienne tradition italienne de la Comédia del Arte, dans la nouvelle forme de regarder les choses a été le grand apport de Mario Monicelli à cette révolution esthétique. Cet humour qui, conçu comme un bistouri qui pénètre au plus profond des choses, nous a donné des films aussi mémorables que I soliti ignoti (1958), La grande guerra (1959) o I compagni (1963).



Paul Oilzum Only-apartments AuthorPaul Oilzum

Louer un des appartements à Rome et se perdre, par exemple, dans les rues de son bien aimé quartier del Monti, le plus ancien de la ville, est une bonne façon de rendre hommage à sa mémoire.

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françoise Only-apartments TranslatorTraduit par: françoise
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Fellini et Rome

August 24, 2010 By: romeblogger Category: Rome

Federico Fellini est né à Rimini le 20 janvier 1920. Depuis toujours il a eu un gout spécial pour les histoires et le dessin en mouvement: la caricature.

fellini-et-rome

En 1936, étant adolescent, il participa à un campement du Parti National Fasciste qui se réalisait à Verruchio et de cette expérience il tira ses premières caricatures, qui se publièrent à La Diana de la Opera Nacional Balilla de Rimini sous le tire de “Campamenteros de 1936”. Pendant cette époque Fellini écrira ses premiers scénarios.

En 1944, après la libération de Rome, son amour pour les images le mena à ouvrir un magasin de portraits et de caricatures à Rome. Cette même année il travailla sur le scénario du film Rome ville Ouverte, de Roberto Rossellini, qui montre la position d’hommes communs face au fascisme.

Le film réalisé dans des espaces urbains est quasi la reconstruction de la réalité, où Ana Magnani, une des plus extraordinaires actrices italiennes de tous les temps, interprète une des scènes les plus célèbres du cinéma italien. C’était les débuts du néo-réalisme italien, avec sa charge de critiques à une société qui avait collaboré avec le fascisme et commençait à transiter à une modernité dessinée par les Etats unis pour l’Europe.

Le 30 octobre 1943 il se maria avec sa muse Giulietta Masina, qui sera la protagoniste de beaucoup de ses films.

Bien que Fellini ait travaillé le néoréalisme depuis les scénarios, son œuvre cinématographique est marquée par le surréalisme et le symbolisme qu’il avait commencé à développer dans son étape de caricaturiste. À la différence du néoréalisme, les personnages de Fellini sont exagérés, ils se meuvent dans un symbolisme onirique avec des traces d’humour satyrique.

Un de ses films les plus intéressants est la Dolce Vita, filmé en 1960. En lui il recueille la folie, le snobisme et l’hédonisme dénué de sens de la classe haute romaine, observée par le cynisme d’un journaliste médiocre qui rêve d’arriver à faire partie de cette classe. Une des scènes les plus célèbres du cinéma est celle que réalisa Anita Ekberg dans la Fontana di Trevi, où le vide se représente symbolisé par une charmante actrice qui s-échappe à son succès, dans la nuit romaine.

La Dolce Vita est le film de la filmographie italienne qui présente Rome dans toute sa splendeur et qui montre de forme magistrale les contradictions des années 60. Fellini s-introduit dans le monde chaotique des rues étroites de la ville et le contraste avec le vide aseptique de la modernité en construction, comme un avant-goût du monde à venir.

Un des maitres du cinéma universel et une des scènes qui sans doute a donné une identité à cette ville viendront inévitablement à la mémoire de tous ceux qui, pendant ces tièdes nuits d’été, louent un des appartements à Rome et passent par la Fontana de Trevi.