Expo Dépouillés de leur chair à Rome
A travers des siècles, on a souvent assisté au massacre des artistes, des philosophes, des penseurs, des écrivains, des scientifiques et des militants qui ont été condamnés à mort pour avoir défendu leurs idées avec ténacité et cohérence et pour avoir effectué leurs luttes personnelles contre une société qui les censurait violemment.

A partir de ce constat alarmant, l’exposition «Dépouillés de leur chair” essaye de représenter certains de ces personnages célèbres à travers le langage pictural et en attribuant une approche artistique aux événements tragiques de l’histoire (y compris ceux qui se sont déroulés récemment). Ainsi, Morsillo Antonello, artiste italien vivant et travaillant à Rome, a décidé de se focaliser sur l’histoire de ces célèbres disparus, rendant un hommage à la pensée «à contre-courant» et en condamnant la liberté bafouée.
Morsillo est né au sud de l’Italie (à Foggia) et s’est intéressé à l’illustration depuis l’adolescence. Il a commencé à réaliser des personnages pour des dessins animés. Des années plus tard, à Rome, il obtient un diplôme en graphisme publicitaire, dessin et peinture et il présente sa première exposition accompagnée de la publication d’un catalogue. Pendant quatre ans, Morsillo a travaillé chez SonyBMG Morsillo. Cette expérience lui permet de s’affirmer définitivement comme illustrateur grâce aux pochettes d’albums pour des chanteurs populaires d’Italie (Milva, Patty Pravo, Luigi Tenco).
Mais, avec l’exposition «Dépouillés de leur chair», Morsillo atteint une nouvelle étape dans son développement artistique, associant l’illustration à la peinture et à une recherche théorique profonde. De cette façon, il a réalisé un parcours pictural et conceptuel qui nous amène à en apprendre davantage sur les assassinats de Federico Garcia Lorca, Giordano Bruno, Sophie Scholl, Matthew Shepard, Gandhi et bien d’autres.
Ainsi, Morsillo choisit Hypatie, mathématicienne, astronome et philosophe de la Grèce antique qui a été réduite en cendre par un groupe de chrétiens, et la représente enceinte symbolisant la mère de la science. On y trouve également Pier Paolo Pasolini, le réalisateur et écrivain italienne assassiné en 1975 par un «ragazzo di vita» et le représente avec les bras ouverts, simulant un vol de sa «crucifixion». Giordano Bruno n’a pas de bouche sur la toile, mais celui-ci possède des marques légères qui semblent lui rendre la parole, et Sophie Scholl (leader et activiste de la “Rose blanche” anti-nazi) représentée par une rose blanche qu’elle porte à sa bouche avec un fil d’épines qui la condamne au silence.
Vous pourrez visiter l’exposition jusqu’au 17 février à la Bibliothèque Rodari, située sur la Via Francesco Tovaglieri 237 / a (00 169). Elle est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 9 à 13h30 (fermeture: dimanche). Vous trouverez de plus amples informations sur le site: www.artribune.com/dettaglio/?type=event&id=7619
Si vous séjournez dans cette magnifique métropole italienne, ne ratez pas cette exposition fascinante. Sinon, nous vous recommandons de louer l’un des appartements à Rome et d’y passer quelques jours afin de découvrir son patrimoine culturel et artistique exceptionnel.
Traduit par: David
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Traduit par: françoise
















